Comment supporter la longueur et la rigueur de l'hiver québécois ? Faire comme les Québécois ! C'est à dire s'évader le temps de quelques jours dans des contrées lointaines et si possible, où la neige n'a pas le droit de cité

Vendredi 22, sitôt le boulot terminé, direction donc l’aéroport Trudeau pour un loooong voyage qui devait nous emmener jusqu’au Vietnam. Voyage long certes mais dont nous avons passé la majeure partie à roupiller, épuisés par 6 mois de boulot non-stop ou presque, seulement réveillés de temps à autre par des hôtesses désirant nous servir des petit-déjeuner composés de nouilles aux fruits de mer... Euh merci, j’ai pas faim

Montréal-Vanouver... 5h...
...Vancouver-Taipei... 12h...
...Taipei-Hanoi... 3h !
Après toutes ces heures d’avion, 3 atterrissages et 3 décollages, plusieurs heures d’attente en transit et de nombreux plateau-repas dévorés, nous étions enfin de l’autre côté de la planète, plutôt sur une autre planète devrais-je dire. La porte de l’avion s’ouvre sur 2 fonctionnaires dans le plus pur style vestimentaire communiste (veste kaki passé et étoile rouge), comme sortis d’une autre époque et la première constatation : ouch, c’est humide ! Pas chaud-chaud mais extrêmement humide. Quelques minutes pour retrouver une respiration normale et nous voilà dans les coursives de l’aéroport. Des myriades de tampons sur le passeport, le visa et la carte de douane plus tard, nous voilà en train d’attendre nos bagages, seulement voilà, au bout de 30 mn à attendre, voyant tout le monde parti et le carrousel désespérément vide, il faut se rendre à l’évidence... Il nous en manque une !!! Celle de JP en l’occurrence, avec toutes ses fringues et le précieux matelas pneumatique, chose indispensable et non-achetable dans le pays puisque... le camping est tout bonnement interdit ! Et de toute façon le Vietnamien de base ne dort pas sur un matelas mais sur une natte de paille !
Une bonne demi-heure voire plus à tenter d’expliquer en anglais au personnel de l’aéroport ce qui nous arrive

avec la promesse de retrouver nos biens le lendemain, nous pouvons enfin sortir de l’aérogare et retrouver Elena, pas vue depuis plus de 2 ans 1/2 et faire la connaissance de Franck ! Les vacances et la détente peuvent enfin commencer... enfin la détente... tout est relatif !
En effet, quand on y repense bien, le premier choc n’a pas été tant l’humidité, mais plutôt le chaos urbain local ! Surpopulation + anarchie routière = truc hallucinant qu’il faut voir de ses propres yeux pour en mesurer l’ampleur ! Des vélos, des motos, des voitures, des pousse-pousse, des bus... Tout ça s’entremêle dans un joyeux bordel où le klaxon règne en maître absolu ! Une règle à savoir rapidement : le piéton n’est RIEN, n’existe pas, n’a aucun statut dans tout ça et doit donc serrer les fesses en traversant n’importe quelle rue, aussi large soit-elle, où bien évidemment personne ne s’arrête pour le laisser passer (ça demande quelques jours d’adaptation pour y arriver...).
Les premières journées furent donc consacrées à la découverte de la capitale du Vietnam, ses petites rues, ses restos, son hallucinante effervescence, son bruit mais surtout ... ses boutiques ! Héhéhé ... premiers achats et première constatation, il faut tout négocier sous peine de se faire entuber ! Merci d’ailleurs à Elena pour ses talents dans la négociation en Vietnamien !
Le bruit, la pollution, le stress de se faire tailler un short à chaque coin de rue ont eu une première conséquence : des soirées écourtées pour cause d’épuisement généralisé

Très vite, nous sommes donc allés nous mettre au vert et au calme : dans la baie d’Along, après 2 heures de bus ou mieux vaut ne pas regarder ce que fait le chauffeur si on ne veut pas faire une attaque cardiaque, et plus de 2 heures de bateau pour arriver enfin à Cat Ba. De là nous avons embarqué sur un bateau rien que pour nous avec équipage, cuisinier et tout et tout pour explorer une des plus belles baies du monde ! Evidemment c’est le moment que mon corps à choisi pour faire défaillir mon système immunitaire et je me suis payée une crève carabinée ! Heureusement ça n’a pas duré trop longtemps et nous avons pu apprécier les paysages splendides de la baie, les pics rocheux, la couleur de l’eau, les fermes flottantes, les petites madame en chapeau conique sur leur barque en bambou-superette etc. Nous avons également exploré la terre ferme lors d’une journée « trekking » qui s’est avérée être une véritable escalade de pics dans la jungle... Un truc de fou auquel on ne s’attendait vraiment pas mais qui valait vraiment le coup ! Point d’orgue de cette escapade dans la baie : la soirée karaoké dans une ferme flottante au milieu de nulle part. Jamais j’aurais pensé chanter Aline dans un endroit comme ça ! Ils sont forts ces Vietnamiens... très forts !
Le dernier jour a été consacré à la visite de l’île de Cat Ba à moto avec des chauffeurs. Bords de mer, grottes ayant servi pendant la guerre du Vietnam, buffles paissant tranquillement sur le bord de la route, ramassage de coquillages...
Puis retour à Haiphong, grâce à la « fusée russe », un bateau sorti d’un autre âge mais qui au moins a eu le mérite de nous amener beaucoup plus rapidement que l’autre sur le continent pour qu’on puisse regarder Hanoi, toujours dans un bus au chauffeur kamikaze adepte inconditionnel du klaxon !
Retour à Hanoi mais de courte durée puisque pour la deuxième semaine, nous avions décidé de descendre dans le centre du pays visiter Hué et Hoi An. Elena, JP et moi avons donc pris possession d’un compartiment-couchette dans le « Train de la réunification ». THE train vietnamien, qui relie Hanoi à Saigon (ou Ho Chi Minh Ville, comme on veut). Environ 600km parcourus en 12h au milieu de splendides paysages de rizières et de bord de mer. Une nuit de sommeil, quelques parties de cartes et quelques photos prises par la fenêtre plus tard, nous étions à Hué pour notre première étape. Nous avons déniché un petit hôtel et sommes partis explorer la ville et la citadelle avant d’aller louer des motos pour le lendemain, histoire de pousser l’exploration un peu plus loin.
Le lendemain matin, nous voilà donc sur nos engins, Elena sur un scooter, JP et moi sur un autre, en train de nous faufiler dans la circulation un peu moins dense qu’à Hanoi heureusement, mais pas beaucoup plus disciplinée. C’est là, dans les rues de Hué que nous sommes tombés sur une Vietnamienne parlant Anglais, elle aussi à moto, qui nous a proposé de nous monter le chemin vers les tombeaux qui jonchent la campagne environnante. Ok, c’est parti... On la suit, même si on sait qu’on risque d’avoir du mal à s’en débarrasser comme ça (et on avait raison...). La aussi les paysages sont magnifiques, la météo clémente, nous sillonnons des petites routes bordées de rizières et de bananeraies, traversons des petits villages où tous les gamins nous hurlent des « HELLO », manquons d’écraser quelques poules et autres chiens... le Vietnam dans toute sa splendeur quoi ! Après nous être débarrassés de notre guide improvisée, moyennant finance évidemment, nous sommes repartis sur les motos direction la plage de Hué. Une après-midi rythmée elle-aussi par les cris des enfants sur les bords de route, par des pagodes magnifiques, une plage bordée de cocotiers où se dresseront bientôt d’énormes complexes de vacances et dont il faut profiter du côté sauvage pendant qu’il est encore temps !
Une dernière soirée resto-cocktail dans une ancienne pagode reconvertie et le lendemain matin, direction Hoi An, une superbe petite ville historique aux influences chinoises et japonaises dont la principale source de revenu est... la couture ! Des magasins à perte de vue où l’on peut vous faire absolument tout ce que vous voulez, que ça soit à partir des modèles de la boutiques, de catalogues style La Redoute ou de modèles vous appartenant déjà ! La frénésie a duré toute la journée, le temps de trouver LA couturière et les modèles qui nous plaisaient. Chose faite puisque nous sommes repartis de là avec plein de nouveaux vêtements (et plein de nouvelles tongues)

La deuxième journée à été consacrée à la visite de temples et de pagodes, de maisons de commerçants chinois que les descendants habitent toujours, du pont japonais etc. puis petite balade à vélo vers la plage sous le temps gris et le crachin.
Retour à Hanoi le lendemain toujours en train-couchettes. Arrivés en ville à 4h30 du matin, nous sommes directement harcelés par les taxis qui viennent jusque sur le quai de la gare récupérer de potentiels clients/pigeons ! Dernière journée dans Hanoi, derniers achats, derniers restos, dernière frénésie et derniers au revoir en promettant de se revoir bientôt au Canada avant de remonter dans l’avion de la Vietnam Airlines direction Tokyo.
Petite escapade au Japon, le temps de visiter quelques temples, d’acheter quelques bizarreries culinaires locales, de ronfler sur les fauteuils de l’aéroport avant de resauter dans l’avion suivant, direction Vancouver. Vancouver où il a fallu courir pour passer la douane, récupérer les sacs et les réenregistrer avant de sauter dans l’avion suivant, le dernier qui allait nous ramener à Montréal à peine remise de la dernière tempête de neige de l’année qui a laissé plus de 30 cm la veille

Retour dans le froid, farfouillage dans les armoires pour retrouver écharpes et gants, rangement des pantalons en lin et autres gougounes pour quelques mois encore... l’hiver ayant décidé de rester un petit moment sur le Québec cette année. Mais la fin de l’hiver sera plus facile à supporter après cette petite escapade au bout du monde !
Les photos s'en viennent
